Oliver Mtukudzi, le jazzman africain s’est éteint

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Une grande voix de l’afro-jazz vient de s’éteindre le mercredi 23 janvier. Oliver Mtukudzi ou Tuku comme a été habituellement appelé, est une légende dans l’univers du jazz africain. Au Zimbabwe, ses admirateurs et le pays tout entier sont sous le choc, après l’annonce subite de la disparition de ce grand homme. Ses fans, jeunes et moins jeunes, ont rendu hommage à ce leader de l’afro-jazz qui a séduit plusieurs générations.

Le succès d’un artiste noble

Tuku a grandi dans la capitale, dans une famille de 7 enfants, dont il est l’aîné. Après la disparition de son père, il aide à subvenir aux besoins de sa famille. Il fait son incursion dans le monde de la musique en 1975. À cette époque, le jazzman chante son titre « Stop After Orange ». Selon certains membres de sa famille, Tuku se soignait déjà pour des problèmes de diabète. Il a mené un long combat à l’hôpital d’Harare mais il s’est éteint le 23 janvier, à l’âge de 66 ans.

Tuku a chanté de nombreux titres à succès, pour ne citer que Neria. Cette chanson raconte le périple d’une femme plongée dans une extrême pauvreté après la mort de son mari. Il interpelle dans sa chanson sur cette coutume, qui empêche les femmes d’hériter des biens de leur mari. Ishe Komborera Africa a fait également sensation auprès des zimbabwéens. Dans un léger rythme reggae, le jazzman entonnait ce nouvel hymne national en 1980.

Les jeunes musiciens du pays pleurent cette perte, car il tenait un rôle de mentor pour ces jeunes artistes dans leur premier par. Dans le pays, le chanteur et musicien est même à l’origine d’un rythme appelé Tuku Music. Il s’agit de l’association de rythmes zimbabwéens et ceux des pays voisins. L’artiste a déjà sorti une soixantaine d’albums. D’après le magazine Forbes, il figurait parmi les 10 musiciens les plus rentables d’Afrique.

Des hommages retentissants de partout

Des amis du jazzman étaient présents au moment de sa mort, à l’hôpital d’Harare à savoir le poète et musicien Albert Nyathi, accompagné d’autres personnes. Il déclare : « C’est difficile à accepter, je n’ai pas de mots. Ce qui reste, c’est de célébrer sa vie. » Les fans ont inondé les réseaux sociaux pour lui rendre un grand hommage. Même dans le cercle politique, les cœurs s’écroulent même si le musicien ne s’y baignait pas.

Mais son succès oblige, son titre Bvuma sorti en 2001 a permis au pays de lancer un message à Robert Mugabe, au pouvoir depuis 1980 afin qu’il se décide enfin à se retirer du pouvoir. Ce titre signifie concrètement « accepte d’être vieux ». En outre, un responsable au sein du parti ZANU-PF, Paul Mangwana, parle d’un homme apolitique et neutre tout en rendant à un homme qui ne se cachait pas pour ses critiques et ses éloges. Le directeur du Conseil national des Arts zimbabwéen, Nicholas Moyo, parle d’un orage et pleure la perte d’un artiste plus grand que nature. Pour lui, Oliver est un contributeur inestimable dans le soutien des jeunes musiciens. « Nous sommes tous plus pauvres sans Oliver » dit-il.

Oliver Mtukudzi, Vidéos youtube

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