Kaya : 20 ans après la mort de l’artiste mauricien

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Il y a 20 ans le cercle de la musique mauricienne,  mais aussi l‘ile Maurice toute entière, pleure la perte de son célèbre chanteur : Kaya. De son vrai nom Joseph Réginald Topize, cet artiste est une figure emblématique sur l’île, notamment pour avoir créé et lancé un nouveau genre de musique : le seggea. Mais c’est aussi un nom qui rappelle l’émeute qui a bouleversé tout le pays, suite aux circonstances malheureuses de sa mort. Retour sur une histoire qui a marqué l’île Maurice.

Un artiste mauricien aux facettes controversées

Kaya ou Joseph Réginald Topize est issu d’une famille composée de 5 fratries. L’artiste mauricien connaît des temps durs dès son jeune âge. Sa situation le contraint à travailler pour survivre. Fan du mythique roi du reggae Bob Marley, il trouve son inspiration dans ses chansons, ainsi que son nom d’artiste « Kaya ». Très vite, le jeune homme se lance dans la musique et mène le seggae à un haut niveau. Celui-ci devient à son tour un artiste célèbre, surtout adulé par les gens de son quartier.

Ses chansons ont influencé fortement un grand nombre d’artistes de Maurice. Mais Kaya est aussi devenu un personnage mauricien célèbre pour les messages d’espoir qu’il transmettait à travers les paroles de ses chansons.

Kaya : un mort de trop et la disparition d’une source d’inspiration

L’île Maurice était connue dans les années 70 et 80 comme l’île de la marijuana. Le gandia, comme le disait Kaya, est devenu un vrai fléau, si bien que le gouvernement avait décidé de lancer une campagne répressive. Mais malheureusement, le problème n’était pas traité à la source. Au lieu de s’attaquer aux grands trafiquants responsables d’un vaste réseau de trafic de drogue, la police s’en prenait aux petits consommateurs.

L’histoire mouvementée de Kaya, mais aussi de l’île Maurice entière, commence à Rose Hill, le 6 février 1999. Le Mouvement républicain pour la dépénalisation de la marijuana avait organisé une rencontre, où de nombreux artistes étaient présents, à savoir l’artiste mauricien Kaya.  Ce jour, il allume un joint avec les membres de son groupe appelé Racinetatane, sur scène. Ce geste lui aura valu un séjour en prison, où il n’en sortira jamais.

En effet, ses compagnons sont relâchés par manque de preuves, mais Kaya doit encore payer une caution. Ses amis et sa famille sont solidaires et réunissent la somme, mais la sortie du chanteur mauricien est remise à lundi. Mais la police annonce très vite sa mort, parlant d’un homme surexcité qui s’est donné la mort en cognant sa tête contre le mur. Une vive polémique se répand autour de cette tragédie. Ses fans et les habitants accusent la police de l’avoir tué. Kaya serait une énième victime de la brutalité policière.

L’affaire prend une envergure nationale. La vie du pays est bouleversée : des pillages, des émeutes et de violentes revendications pour demander des comptes sur ces morts mystérieuses. Un hommage retentissant est accordé à Kaya avant son enterrement, montrant ainsi une grande solidarité, mais aussi la preuve que ses talents artistiques ont eu une forte répercussion.  20 ans après, la mémoire de ce grand artiste mauricien du seggae demeure encore. Aujourd’hui la thèse d’une crise épileptique a été maintenue officiellement mais beaucoup n’en sont pas convaincus. On parle encore à ce jour d’une histoire révoltante.

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